Beaucoup de personnes se dise « si Dieu existe vraiment, pourquoi y a-t-il tant de guerres ? »
Lisons la réponse de Dieu dans sa Parole et voyons ce qu’elle nous enseigne sur l’origine du mal.

Contexte

La Genèse fait partie du Pentateuque, lequel selon la tradition juive et le nouveau testament (Jn 1.45 ; 5.46) a pour auteur Moïse. Le texte a sans doute été élaboré pendant les quarante années dans le désert et donc au 15-13ème siècle avant Jésus-Christ.

Les destinataires sont les Israélites. Ils ont quitté l’Egypte, vivent dans le désert et sont en route pour Canaan.

Lorsque Moïse écrit le Pentateuque, il s’adresse au peuple d’Israël avec comme but qu’ils puissent comprendre le contexte dans lequel ils évoluent. Il veut leur dire qui ils sont et le plan de Dieu pour eux. Ce sont des descendants de la promesse que Dieu a fait avec leur pères. Il veut leur montré qu’il ne vivent pas simplement la libération d’une période particulière mais le début du travail de Dieu dans la vie des hommes pour sauvé le monde [1].

Le livre de la genèse s’inscrit comme l’introduction du recommencement de Dieu. C’est à dire à la direction vers une nouvelle création [2]. Le mot Genèse veut dire origine. Il s’agit de l’origine du monde, de l’humanité, l’irruption du mal dans le monde, les débuts de la civilisation, mais aussi, les débuts de l’œuvre de Dieu pour le salut des hommes.

Structure du passage

3.1-7 La transgression de la loi
3.8-19 Le jugement de Dieu
3.20-24 L’espoir de restauration

Après la transgression de la loi par nos premiers parents, Dieu met en application son jugement. Mais il apporte également un espoir de salut à travers la postérité de la femme. C’est ici le premier passage de la Bible à faire allusion à une victoire sur le mal.

Avant la chute

Les deux premiers chapitres de la Genèse nous enseigne que tout ce que Dieu a créé était bon.

Après avoir créé le ciel et la terre, le jour et la nuit…

9-10 Dieu dit : Que les eaux qui sont au-dessous du ciel s’amassent en un seul endroit, et que la (partie) sèche apparaisse. Il en fut ainsi… Dieu vit que cela était bon.

11-12 Puis Dieu dit : Que la terre se couvre de verdure, d’herbe porteuse de semence, d’arbres fruitiers donnant sur la terre des fruits selon leur espèce et ayant en eux leur semence. Il en fut ainsi… Dieu vit que cela était bon.

14-18 Dieu dit : Qu’il y ait des astres dans l’étendue céleste, pour séparer le jour et la nuit ; que ce soient des signes pour (marquer) les temps, les jours et les années ; que ce soient des astres dans l’étendue céleste pour éclairer la terre. Il en fut ainsi… Dieu vit que cela était bon.

20-21 Dieu dit : Que les eaux se mettent à grouiller d’êtres vivants, et que sur la terre des oiseaux volent sous l’étendue céleste… Dieu vit que cela était bon.

24-25 Dieu dit : Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bétail, reptiles, animaux terrestres, chacun selon son espèce. Il en fut ainsi… Dieu vit que cela était bon.

26-31 Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre… Il en fut ainsi. Dieu vit alors tout ce qu’il avait fait, et voici : c’était très bon.

Tout était parfait dans le meilleur des mondes. A cette époque, le mal, la maladie, la souffrance,etc., n’existait pas sur terre.

Le chapitre 2 de la Genèse nous enseigne que Dieu fit aussi pousser deux arbres particuliers : l’arbre de la vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

8 Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y mit l’homme qu’il avait formé. 9 L’Éternel Dieu fit germer du sol toutes sortes d’arbres d’aspect agréable et bons à manger, ainsi que l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

16 L’Éternel Dieu donna ce commandement à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; 17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.

Il est bon de savoir que Dieu n’a pas créé des « robots » ou des « marionnettes » humaines mais qu’il nous a donné la liberté de choisir. Dieu n’a pas créé des esclaves à son service afin qu’ils s’occupent de son jardin. Il a créé l’homme et la femme dans le but d’avoir une relation d’amour et de confiance, l’homme étant son représentant sur terre. Cette vision est très différente des récits de la création sumériens et égyptiens. (voir étude sur Genèse 1)

La transgression de la loi

L’apparition du péché survient avec l’arrivée du serpent qui sème le doute chez la femme et qui l’induit à désobéir au seul commandement de Dieu : ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Ce n’est pas un hasard que le serpent soit choisi pour illustrer le tentateur.

Les anciens considéraient le serpent comme une emblème de la ruse et de la sagesse. Chez les juifs, celui qui trompa Eve était considéré comme le diable. [3]

Dans les textes sémitiques anciens la traditions existait déjà de mettre le serpent comme antagoniste entre l’homme et Dieu. L’homme ancien proche oriental considérait communément le serpent comme un animal qui redonnait la jeunesse. Dans l’épopée de Gilgamesh le serpent vole l’immortalité recherchée par le héros. [4]

Le serpent dans la culture sémitique sumérienne représente l’immortalité. [5]

En Egypte le serpent est également considéré comme un symbole de l’immortalité. Le cobra est l’idéographie égyptienne de l’immortalité et l’immortalité du pharaon est décrite comme les années de vie de l’uraeus. [6] Il symbolise la vie par un serpent dressé.

Le serpent représentait cependant aussi le chaos et l’enfer. En assyrien le mot pour serpent se traduit par ennemi de Dieu. Les dieux et le pharaon respectaient la menace des serpents.

Pour résumer toutes ces données sur le serpent, on peu dire que dans ce texte de Gn 3.15, le serpent rend objective la présence de Satan dans ce monde. Cette figure symbolise l’ambition de la descendance de l’homme d’être son propre Dieu. [7]

D’autres versets de la Bible mentionnent également le serpent :

-  Il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre habitée ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. (Apocalypse 12.9)

-  Et il saisit le dragon, le serpent ancien qui est le diable et Satan, et le lia pour mille ans (Apocalypse 20.2)

Apocalypse 12.9 et 20.2 font référence au serpent ancien. Cette expression est communément utilisée dans les écrits rabbiniques et renvoie au texte de Genèse 3.15 pour désigner celui qui se met en travers de Dieu et de l’homme. [8]

Le jugement de Dieu

Genèse 3.14-19 L’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, Tu seras maudit entre tout le bétail Et tous les animaux de la campagne, Tu marcheras sur ton ventre Et tu mangeras de la poussière Tous les jours de ta vie.

15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, Entre ta descendance et sa descendance : Celle-ci t’écrasera la tête, Et tu lui écraseras le talon.

16 Il dit à la femme : Je rendrai tes grossesses très pénibles, C’est avec peine que tu accoucheras. Tes désirs (se porteront) vers ton mari, Mais il dominera sur toi.

17 Il dit à l’homme : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, Le sol sera maudit à cause de toi ; C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture Tous les jours de ta vie, 18 Il te produira des chardons et des broussailles, Et tu mangeras l’herbe de la campagne.

19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, Jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, D’où tu as été pris ; Car tu es poussière, Et tu retourneras à la poussière.

Qui est la semence du v.15 ?

Deux interprétations sont défendues : soit il s’agit d’une seule personne (elle est individuelle) soit d’un groupe de personne.

La Bible grecques des LXX et la Bible latine, la Vulgate, ont interprété la descendance dans un sens individuel, mais, alors que la première a spécifié comme vainqueur un fils de la femme, la seconde traduit comme si la femme elle-même devait remporter la victoire [9]. Cependant, le texte hébreu est beaucoup moins précis. En effet, la Vulgate à traduit le masculin du vocable « semence » par un féminin (ipsa) « celle-ci », ce qui a guider certains exégètes à voir la femme comme celle qui allait remporter la victoire. La tradition catholique a vu dans cette femme la figure prophétique de la Vierge Marie. [10] Cette possibilité doit être écartée car elle est basée sur une traduction erronée.

Une seule personne

Le fait que l’on dit : « celle-ci t’écrasera la tête », laisse sous entendre qu’il serait question d’un individu particulier après la communauté qui constitue la descendance de la femme.

« Tu lui écraseras » est une parole porteuse de la promesse de la victoire sur l’Ennemi de Dieu et des hommes. Le Nouveau Testament affirme que l’accomplissement se trouve dans la personne et l’œuvre du Christ, né d’une femme, qui a vaincu Satan. [11]

La postérité de la femme aura la victoire sur le serpent mais comme ont peu le remarquer non sans souffrance car elle sera tout de même blessée au talon. Il est intéressant de remarquer qu’il ne s’agit pas d’une blessure mortelle.

Quant au plan du salut, il exige pour cadre une histoire universelle de l‘homme. Dorénavant, la malédiction de l’alliance rompue prononcés sur Adam et Eve, représentant toute l’humanité à naître, se trouve modifiée par le principe de la grâce commune. [12]

Le Nouveau Testament nous présente Jésus Christ comme cette postérité du premier couple.

Ga 3.16 : « Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n’est pas dit : et aux descendances, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais comme à une seule : et à ta descendance, c’est-à-dire, à Christ. »

On peut remarquer que dans le combat qui oppose la femme et le serpent, Dieu se met du côté des hommes.

La tradition des Pères de l’Eglise et des Réformateurs à donné de ce verset une interprétation christologique. La promesse de Dieu consiste bien en une victoire du Messie sur la puissance des ténèbres d’abord victorieuse puis définitivement vaincue. [13]

Jésus-Christ est l’antitype de la semence de la femme qui a résisté à la tentation afin de vaincre l’Ennemi à travers la mort. Le péché n’a maintenant plus la puissance de condamner à mort celui qui croit en Jésus-Christ. [14]

La victoire finale de la postérité de la femme aura son dénouement lorsque Satan sera jeté dans le lac de feu. [15]

Jean Calvin croyait également que la victoire de la descendance de la femme passait par toute l’Eglise de Dieu à travers sa tête : Christ.

Ro 16.20 : « Or le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus soit avec vous ! »

Un groupe de personnes

La descendance de la femme sont les êtres humains en qui l’Eternel suscite les dispositions intérieures pour s’opposer au serpent séducteur. La descendance du serpent, par contre, est constituée de ceux qui font le jeux du serpent en accomplissant les œuvres auxquelles il les incite. [16]

Il est intéressant que le nom de Seth (shêt) soit mis en rapport par sa mère avec le verbe shût, « placer », « désigner », « instituer » ; car c’est le verbe de la déclaration de Gn 3.15 : « Je mettrai (ou instituerai) hostilité… » Seth et sa descendance entretiendront l’inimitié à l’égard du Serpent. Le texte ajoute qu’avec Enosh, fils de Seth, « on commença à invoquer le nom du Seigneur » (4.26) : suggestion qu’un culte organisé, avec ses « institutions », fait pièce à la civilisation du mal. Hénok, qui marcha avec Dieu (5.22, 24) et Noé, l’instrument de la consolation (5.29) montrent que la grâce de Dieu n’a pas été vaine dans la lignée de Seth. [17]

Satan tente par dessus tout de faire échouer le dessin rédempteur de Dieu. Sa puissance s’incarnera à la fin des temps dans l’homme de l’impiété qui, dans un dernier effort, cherchera à renverser l’œuvre de Dieu et à entraîner les hommes dans l’adoration du mal (2 Th 2.4-10). Cependant, la condamnation de Satan ne fait aucun doute : Dieu l’écrasera sous les pieds de ses saints (Rm 16.20). [18]

Ro 16.20 : « Or le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus soit avec vous ! »

Conflit entre les deux descendances

Une hostilité règnera entre le serpent et la femme et entre leurs deux postérités. Mais la postérité de la femme blessera la postérité du serpent à la tête et le serpent blessera la postérité de la femme au talon.

Cette parole prophétique annonce ainsi un état de perpétuel combat entre les hommes et le serpent, combat sans victoire décisive de part et d’autre, mais avec le seul espoir d’une supériorité de l’homme sur le serpent, marquée par une blessure à la tête plus grave qu’une blessure au talon.

Ce texte fait allusion au combat que l’homme doit mener perpétuellement contre la tentation et la puissance du mal, avec l’espérance de les vaincre un jour, par la grâce de Dieu. [19]

La prière de Manassé 3 parle de l’action de Dieu qui restreint la puissance chaotique du mal au début de la création avec des paroles fort semblables à celles prononcées dans Apocalypse 20.2-3. Une restreinte complète n’est probablement pas en vue, étant donné que l’Ancien Testament fait le portrait des monstres marins capables de créer des troubles avec les nations à travers l’histoire. (Voir 12.3 ; 13.1).

Ap. 9.1-11 : décrit des êtres démoniaques enfermés et ensuite relâchés d’un puit pour tourmenter les non-croyants uniquement.

1 Jn 3.8 : Les hommes irrégénérés et rebelles sont appelés fils du diable, car « quiconque pèche, est du diable.

Conclusion

Malgré tout cela, le diable est un ennemi vaincu, dont le jugement final ne saurait tarder. L’inconcevable patience de Dieu à son égard (et envers les hommes) va prendre fin. Lors de sa première venue, Christ, la postérité de la femme, a écrasé la tête du serpent au prix de ses souffrances.

A la croix, Jésus a triomphé publiquement du grand adversaire et a brisé sa puissance.

Il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix. Col 2.15

[1] John H. SAILHAMER, The Pentateuch As Narrative : Zondervan Publishing House, Grand Rapids, Mi : 1992, p. 1-79

[2] SAILHAMER, The Pentateuch As Narrative, p. 1-79

[3] A. KUEN, Nouveau Dictionnaire Biblique

[4] Herman GUNKEL, Genesis, p. 15

[5] Vincent LIOYD-RUSSELL, The Serpent as the Prime Symbol of Immortality, has it’s Origine in the Semitic Sumerian Culture

[6] W.R. COOPER, Observations on the Serpent Myths of Ancient Egypt, Journal of Transactions of the Victoria Institute, VI (1873), p. 339.

[7] J. RANDOLPH, Serpent Symbolism In The Old Testament, Haddonfield House, New-Jersey : 1938.

[8] Se trouve dans Sagesse 2.23-24 : « Il est le serpent ancien qui tenta Eve par sa ruse », ainsi que dans plusieurs textes apocalyptiques : Apoc. de Moïse 7.16ss, Vie d’Adam et Eve 33.37-39.

[9] J. CHAINE, Le livre de la Genèse, Lectio Divina 3, Paris : Editions du Cerf, 1947.

[10] F. MICHAELI, Le livre de la Genèse, Chapitre 1 à 11.

[11] Alfred KUEN, H. GOUDINEAU, S. ROMEROWSKY, Notes de la Bible du Semeur 2000, Editions Excelsis, Cléon d’Andran, France : 2001

[12] GUTHRIE, MOYER, STIBBS, WIESEMAN, Nouveau commentaire Biblique, Editions Emmaüs, Suisse : 1978.

[13] F. MICHAELI, Le livre de la Genèse, Chapitre 1 à 11, DELACHAUX et NIESTLE, Paris : 1957, p. 56.

[14] C. COCHRANE, The Gospel according to Genesis, a guide to understanding Genesis 1-11, William B. Eerdmans Publishing Company, Grand Rapids, MI : 1984, p. 44 – 45.

[15] Douglas MOO, The Epistle to the Romans, The New International Commentary on the New Testament, William B. Eerdmans Publishing company. Grand Rapids, MI :

[16] Notes de la Bible du Semeur 2000, p. 12

[17] Henri BLOCHER, Révélation des origines, Le début de la genèse, 2ème édition revue, Presses Bibliques Universitaires, Lausanne, Suisse : 1988.

[18] G.E. LADD, Théologie du Nouveau Testament, Cléon d’Andran, éditions Excelsis, Collection Théologie, Presses Bibliques Universitaires, Suisse : 1993, p. 444.

[19] MICHAELI, Le livre de la Genèse, Chapitre 1 à 11, p. 55 – 56.